2)La remise
en cause permanente de soi
3)L’équité
« Tu
n’es qu’un vaut-rien » ; « Tu es un idiot » ;
« Tu es un cancre ! » ; « Tu ne comprendras jamais
rien ! » Etc. Voici des propos qui doivent être absolument proscrits du langage de
l’Enseignant(e) dont le rôle est de guider les jeunes dans leur processus
d’apprentissage. L’Enseignant(e) doit rester toujours calme et pondéré quelle que soit l’insolence de
l’élève. L’adolescent(e) est une personne qui traverse une période particulièrement
délicate de sa vie: il (elle) est en train de construire sa personnalité. Il
(elle) est de ce fait très fragile et susceptible. La moindre petite
observation désobligeante peut déclencher de sa part, des réactions
disproportionnées. Le prof doit donc le(la) traiter
avec beaucoup d’égard. Il évitera absolument de le(la)
ridiculiser ou de l’humilier devant ses camarades ou de tenir à son endroit des
propos injurieux. Le Prof qui se croit tout « puissant » et qui
s’evertue à traiter les élèves avec mépris
créera chez ces derniers un sentiment de
révolte et même de répulsion vis à vis
de la discipline qu’il enseigne. Combien
d’élèves ont « détesté » une matière à l’école parce que le
professeur les a « dégoutés » par son comportement? Et combien d’entre eux sont devenus plutard medecins,
ingenieurs etc. parce que le Prof, par son comportement les a beaucoup
impressionnés. L’Enseignant(e) doit faire preuve de maturité et demeuré(e)
ferme. Si un(e) élève(e) commet une faute, il(elle)
le(la) sanctionne conformement au règlement intrieur, sans haine. Il(elle) doit être courtois(e) et respectueux(euse) envers
les élèves. C’est à ce prix que les
élèves le (la) respecteront.
2) La remise en cause permanente de soi
Les adolescents(es)
qu’encadre l’Enseignant(e) viennent de milieux sociaux divers. Ils n’ont donc
pas eu les mêmes chances au départ. Si certains sont nés dans des milieux
favorables à l’éclosion de l’intelligence, d’autres par contre sont nés et ont
grandi dans des milieux où la moindre curiosité est reprimée. Si certains
bénéficient d’un encadrement à domicile assuré par des répétiteurs, d’autres
par contre ont à peine un bon repas par jour. L’Enseignant(e) doit tenir compte
de toutes ces réalités sociales. Si l’élève ne
comprend pas par exemple une démonstraction en mathématique, cette
situation ne fait certainement pas sa
fierté. L’Enseignant(e) doit rechercher les causes profondes des difficultés
que rencontre l’élève. Il(elle) doit savoir
l’encourager et l’aider surtout à avoir confiance en lui-même. Un élève dont
la note passe de 03/20 à 07/20 doit être
encouragé même si l’ensemble est toujours insuffisant. L’Enseignant(e) doit
saisir l’occasion de montrer à l’élève
que ce résultat est la preuve qu’il peut s’améliorer. Il est plus facile
naturellement d’incriminer l’élève que de se remettre soi-même en cause. Au
lieu de dire que « Cet élève est idiot et ne peut rien comprendre aux
mathématiques ! », L’Enseignant(e) consciencieux(se)
et reponsable doit plutôt se poser la question suivante :
« Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à aider cet élève à comprendre cette théorie mathématique? »
C’est là le grand défi que doit se lancer constamment l’Enseignant(e) :
« Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à motiver tous les élèves afin
qu’ils s’interessent à ma matière ? » ; « Pourquoi est-ce
que je n’arrive pas à faire assimiler par tous, tel ou tel
concept ? » Etc. C’est un grand pari et chaque fois que
l’Enseignant(e) trouvera la réponse à
chacune de ces questions, il doit se convaincre qu’il aura remporté une grande
victoire. Aider un élève à travailler avec plaisir et à prendre lui-même
l’initiative de le faire doivent être les
préoccupations de tout Enseignant(e). Il (elle) ne peut atteindre ces objectifs
que s’il (elle) manifeste lui-même(elle-même) un
intérêt réel pour aider les enfants à réussir dans leur apprentissage, les aider
à apprendre à se connaître, à s’entraider, à échanger et à
partager leurs connaissances.
3) L’équité
L’adolescent(e)
est particulièrement sensible à l’injustice. Toute forme de brimade le (la)
révolte et le (la) marque pour toute sa vie.Comme partout ailleurs, il faut
éviter le système du « deux poids, deux mesures ». Si par exemple la
copie d’un élève à un devoir donné mérite 05/20, que l’Enseignant(e) n’hésite
pas à donner la note. Si au devoir
suivant la copie du même élève vaut 18/20, que l’Enseignant(e) n’hésite
pas non plus ; et vis versa. L’évaluateur doit donc définir un barême
clair, détaillé et précis. Tout en étant courtois(e), l’Enseignant(e) doit être
ferme dans ses décisions. Un élève a commis une faute que l’Enseignant(e)
estime grave, eh! Bien, qu’il soit sanctionné sans discrimination, sans être
humilié, et ceci, conformément à un code
de conduite bien établi. l’Enseignant(e) ne doit manifester
ni de la haine, ni un désir quelconque de vengence. C’est la raison pour
laquelle, il est conseillé à l’Enseignant(e) d’aider les élèves à définir
eux-mêmes un code de conduite (une sorte de règlement intérieur) au début de
l’année suivi d’une série de sanctions à prendre en cas de non respect de ce
code. Ce code s’appliquera à tout le monde sans exception. Toute faiblesse de
l’Enseignant(e) dans l’application du code aura pour conséquence un
laisser-aller. Dans l’action éducative en général, la fermeté doit être
toujours de rigeur. Les sanctions doivent être pertinentes et proportionnelles
aux fautes commises. Les élèves mesureront le degré de justesse de
l’Enseignant(e) par son comportement vis à vis surtout des élèves qui l’ont
contrarié d’une manière ou d’une autre. Enfin,
si l’Enseignant(e) commet
lui-même une faute, il (elle) doit absolument s’excuser auprès des élèves. Une
telle attitude est un signe de force de
caractère que les élèves apprécieront beaucoup.
Le talon d’Achille
de nombreux Enseignants(es) est le retard aux cours.
Ils se permettent tantôt cinq minutes, tantôt vingt ou même quinze minutes de
retard en se disant que les élèves n’oseront pas protester. Du même coup, pour
se déculpabiliser, ils laissent entrer en classe des élèves en retard de dix à vingt minutes,
toute chose qui perturbe le déroulement du cours. En fait, ils n’ont pas le choix : on ne peut se
permettre de venir en retard et exiger d’autrui de la ponctualité même si on se
dit « patron ». Ce manque de rigueur de l’Enseignant(e) se répercutera inévitablement sur d’autres
aspects de sa vie professionnelle. On ne peut être laxiste par rapport à la
ponctualité au cours et être rigoureux dans le maintien de la discipline en classe.
Ce n’est pas une manie pour l’Enseignant(e) d’être toujours ponctuel(le) en classe. C’est une valeur cardinale qu’il
(elle) doit transmettre à ses élèves par son comportement. Même si les premiers
moments des élèves manifestent une certaine réticence vis à vis de cette forme
de rigueur de l’Enseignant(e), ils éprouvent au fond d’eux-mêmes une grande
admiration pour lui (elle) et voudront l’imiter quand ils seront dans la vie
active.
Ces qualités cardinales ne
sont pas innées. Elles se forgent au cours de l’existence de l’individu
au prix n’énormes sacrifices. l’Enseignant(e) qui, au
cours de sa carrière, aura réussi , par ses comportement et attitude à
transmettre ces valeurs à ses élèves, pourra se rejouir d’avoir apporter sa
pierre à l’édification de la société.
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