conseils pratiques pour analyser et interpréter les résultats d'un croisement

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1.Cas  d’un croisement  ordinaire

Après avoir lu et assimilé l’énoncé, le candidat peut suivre  la démarche suivante :

1.1 Vérifier  si c’est un cas de monohybridisme, dihybridisme  etc.

1.2 Calculer les proportions des phénotypes obtenus par  le(s) croisement (s) si  cela  n’est pas fait.

1.3 Procéder à une analyse des résultats  des croisements en adoptant un raisonnement rigoureux :

- déterminer  les cas  de dominance  ou de codominance.
- choisir en se justifiant les allèles.
- vérifier si les proportions des phénotypes sont significatives; si tel est le cas, tirer toutes les conclusions  qui s’imposent : gènes autosomiques  ou liés au sexe ; gènes indépendantes ou liés ( liaison absolue  ou partielle ).
- déterminer à partir des génotypes  les différents  types de gamètes produits par les individus en précisant leurs  proportions respectives.
- construire au besoin  un échiquier de croisement pour rendre compte des probabilités de rencontre des gamètes; faire le bilan des résultats du croisement.
- confronter ces résultats avec ceux de l’énoncé.
- vérifier la conformité de ces résultats  avec ceux obtenus expérimentalement  et conclure.

2. Cas d’un arbre généalogique

Dans analyse d’un pedigree chez l’espèce humaine, les proportions  phénotypiques n’ont aucune valeur statistique significative car les descendants de chaque couple sont en nombre relativement faible.
L’étude  du mode de transmission  d’un caractère consiste  en ceci :

2.1 Montrer si le caractère est dominant ou récessif

 Si  dans l’arbre généalogique , il existe  au moins  un couple sain ayant au moins un enfant présentant le caractère, on déduira que le caractère est récessif.
si le caractère  n’apparaît que dans la descendance des individus atteints on peut penser qu’il est  dominant ; en effet le caractère dominant  ne saute pas de génération.

2.2 Montrer si le caractère est gouverné par un gène autosomique ou un gène lié au sexe (lié au chromosome X et Y )

On  admet  que le caractère est lié au sexe dans les cas suivants :
 -  tous les mâles ont un phénotype et les femelles, un autre.
 -  tous les individus d’un sexe n’ont qu’un phénotype possible et ceux de l’autre peuvent avoir plusieurs phénotypes possibles.

Le chromosome Y est transmis du père au fils si bien que lorsque les filles et les  garçons  présentent  le caractère, le gène qui en est responsable ne peut être porté  par Y.
Dans le cas d’un caractère récessif lié à X, on observe une prédominance de mâles présentant ce caractère: cela s’explique par le fait que la femelle présentant le caractère est forcément homozygote alors que le mâle est hémizygote; la probabilité d’avoir un exemplaire de cet allèle (chez le mâle) est plus grande que celle d’en avoir deux exemplaires( chez la femelle).
A l’inverse, dans le cas d’un caractère dominant lié à X, on observe une prédominance de femelles présentant le caractère.

S’il est démontré que le gène qui en est responsable ne peut être porté  ni par X ni par Y , on déduira  qu’il est autosomique.

2.3 Déterminer éventuellement les génotypes de certains individus.
 

En réalité  la résolution de certains problèmes est très complexe car les informations fournies à travers l’arbre généalogique ne sont pas suffisantes  pour conclure avec certitude que le caractère  est dominant ou récessif ; autosomique ou lié au sexe. Il faut donc dans ces cas savoir nuancer  sa position en argumentant.
Deux parents ne présentant pas le caractère  peuvent avoir de nombreux enfants dont un seul porte  le caractère. On pourrait alors penser que le caractère est récessif. Cependant, son apparition  peut  être due  à un  allèle mutant dominant. Cette éventualité est à écarter, lorsque  dans l’arbre généalogique il existe plus d’un cas de ce genre.

2.4 Méthode de calcul du risque pour un couple sain, pris au hasard au sein d’une population, d’avoir un enfant atteint d’une tare récessive

L’estimation d’un tel risque nécessite la connaissance de la fréquence de l’allèle au sein de la population.
Admettons que cette fréquence soit de 4%: cela voudra dire que la probabilité pour qu’un individu sain sans antécédents familiaux connus soit hétérozygotes est de 1/25 (= 4/100). La probabilité pour que deux membres sains d’un couple pris au hasard soient hétérozygotes est de: 1/25 x 1/25 = 1/625; Il n’y a qu’un tel couple d’hétérozygotes pour engendrer un enfant taré et cela, avec une probabilité de 1/4 ( probabilité pour deux hétérozygotes d’avoir un homozygote récessif). La probabilité de naissance d’un enfant taré dont les parents sont normaux et de génotypes inconnus est le produit des deux probabilité, soit: 1/625 x 1/4 = 1/2500 = 0,0004. On dira alors que la fréquence de cette tare récessive est de 1 enfant atteint sur 2500 naissances.
A l’inverse, connaissant la fréquence de la tare au sein de la population, on peut remonter jusqu’à la fréquence de l’allèle.


Quelques proportions phénotypiques significatives
 

1. Monohybridisme: transmission d’un couple d’allèles

Les proportions phénotypiques significatives sont :
- 1/4 et 3/4 (25% et 75%) ; ce sont les proportions phénotypiques résultant du croisement entre hybrides dans le cas où un des allèles est dominant.
Remarque : ces proportions mendéliennes (1/4 et 3/4) en F2 sont modifiées dans le cas où l’allèle dominant est létal mais n’entraîne la mort plus ou moins précoce que des individus homozygotes. Ainsi, dans l’exemple du croisement des souris hybrides, si l’allèle B était létal, on obtiendrait :
-2/3 de souris  grises de génotype Bb et de phénotype [B]
-1/3 de souris blanches de génotype bb et de phénotype [b]
Les proportions 2/3 et 1/3 doivent donc évoquer un cas de létalité.

- 1/2 et 1/2 ( ou encore 50% et 50%) ; ce sont les proportions phénotypiques résultant du croisement entre un hybride et un homozygote récessif (test-cross).

2. Dihybridisme et polyhybridisme:

2.1 Cas de gènes indépendants

*2.1.1 Dihybridisme

- 9/16, 3/16, 3/16, et 1/16 (ou 56,25%, 18,75%, 18,75%, 6,25%) : ce sont les proportions phénotypiques de la F2 (croisement entre des double hétérozygotes) avec un allèle dominant à chaque locus.
Ces proportions mendéliennes classiques (9.3.3.1) seront modifiées en cas de codominance, de létalité d’épistasie etc..
 

Etat des deux allèles du premier gène

Etat des deux allèles du deuxième gène

Nombre de phénotypes

Proportions phénotypiques attendues en F2

LocusI

LocusII

 

 

L'un des allèles est dominant

L'un des allèles est dominant

Quatre(4)

9.3.3.1

L'un des allèles est dominant

Les deux allèles sont codominants

Six(6)

3.6.3.1.2.1

les deux allèles sont codominants

es deux allèles sont codominants

neuf(09)

1.2.1.2.4.2.1.2.1

 
Cas d’épistasie:
 

Situation

Nombre de phénotypes

Proportions phénotypiques attendues en F2

Cas classique

Quatre (4)

9.3.3.1

Epistasie dominante

Trois (3)

12.3.1

Epistasie récessive

Trois (3)

9.3.4

 

- 1/4; 1/4; 1/4; 1/4. (ou 25%, 25%, 25% et 25%) : ce sont les proportions phénotypiques résultant du croisement entre un double hétérozygote et un homozygote birécessif

*2.1.2 Polyhybridisme
Mendel a effectué des croisements entre deux variétés pures de pois différents par n couples de caractères. Il est arrivé aux conclusions suivantes:
- au cas où il y a dominance d’un allèle à chaque locus, on obtient:

· 2n phénotypes différents en F2
· 3n génotypes différents en F2
· 2n phénotypes différents par test cross des F1 aux mêmes proportions(1/2n)

- au cas où il y a codominance à chaque locus, on obtient:
 3 phénotypes différents en F2.

2.2 Cas de linkage

Lorsque la liaison est partielle, le test-cross des F2 donne 2n phénotypes aux proportions égales deux à deux; les proportions des deux phénotypes de types parentaux étant égales et de fréquences plus élevées.


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